

Début du XXe siècle, Céleste (Galatea Bellugi) est employée comme domestique chez Victoire (Louise Chevillotte) et André (Swann Arlaud). Monsieur est notaire, et se veut maître en sa demeure. Là se trouvent ses bureaux, mais aussi sa mère (Emmanuelle Devos) impotente et véhémente. Sous le vernis bourgeois, la maisonnée prend des allures de piège, tandis qu’un pacte se noue.
Dans La Condition, Jérôme Bonnell place les femmes au centre, cernées de toutes parts par de lourdes conventions et un homme tyrannique — même si lui ne se perçoit pas ainsi. Pour incarner ce personnage, il fallait, comme le souligne le réalisateur, le courage et la finesse de Swann Arlaud – nous y ajoutons l’intelligence et le charme ! Le duo s’est prêté à l’exercice de l’interview minutée, évoquant l’atmosphère de ce huis clos retors éclairé à la bougie ; la condition des femmes alors et maintenant ; celle des hommes également.
Le système minuté
Il s’agit de laisser jouer le hasard. J’ai arbitrairement décidé de noter ce qui se passe aux 7’, 42’, 70’ et 91’ minutes des films et de soumettre ces moments aux réalisateurs et acteurs venus en faire la promotion. L’idée est d’être vraiment très précise dans ces descriptions afin que mon interlocuteur puisse réagir au maximum d’éléments, selon ce qui lui importe le plus (le son, les cadrages, les couleurs, etc.). Le choix des mots a son importance également et il arrive que je me fasse reprendre, c’est très bien comme ça. Chacun s’approprie l’exercice comme il l’entend, mais au final on arrive presque toujours à parler du film de manière concrète, en contournant légèrement le train-train promotionnel. On pourrait dire que le résultat est à mi-chemin entre la bande-annonce et le commentaire audio, tel qu’on en trouve sur les suppléments DVD. Par ailleurs, ces entretiens sont « neutres » : que j’aie aimé ou non les films n’entre pas en ligne de compte, il s’agit avant tout de parler cinéma, sans a priori.
