Le visage du jour

Éva Huault

Attention, dynamite ! Éva Huault déménage. Un cocktail décapant d’énergie bulldozer, d’imprévisibilité et de sensibilité extrême. Quelque part dans la lignée d’une Béatrice Dalle, qui aurait grandi au biberon de la télé-réalité, et qui s’épanouit à la lumière des années 2020. Il faudrait absolument réunir les deux actrices à l’écran. Révélée dans le court-métrage Le Roi David (Prix Jean-Vigo 2021 et Grand Prix à Clermont-Ferrand 2022), la donzelle va gagner en reconnaissance avec le second film long de la même réalisatrice, Lila Pinell (Kiss & Cry). Shana, présenté à la Quinzaine des Cinéastes 2026, reprend les grandes lignes du court précité, à commencer par la même héroïne débrouillarde, au gré de ses multiples galères. Éva Huault l’incarne avec un ancrage démentiel, et des tenues que l’iconique Loana n’aurait pas reniées. Douée d’un bagout imparable, elle tient même la dragée haute à celle qui joue sa mère, et qui n’est pas la dernière pour dynamiter des scènes : Noémie Lvovsky. Leur face-à-face durant un repas de fête juive vaut son pesant de cacahuètes, où la cadette assume notamment ses lèvres généreusement gonflées. Également prisée du duo fantaisiste Martin Jauvat – Mahaut Adam, elle est tordante en monitrice d’auto-école face à Emmanuelle Bercot dans deux scènes de Baise-en-ville, tout comme elle enflamme le trio du court Sam & Lola avec Anaïde Rozam. Vue aussi dans Le Dernier des juifs de Noé Debré, Je le jure de Samuel Theis, Des preuves d’amour d’Alice Douard, dans le court Les Marquises d’Adrien Selbert, et à l’affiche de Bagarre de Julien Hollande et de la série Privilèges, elle est attendue dans les prochains films de Marc Fitoussi et Dominique Cabrera.