

Du cinéma des origines à des classiques populaires plus récents, un panorama, en dix-huit films et un programme de courts, d’œuvres incontournables, en versions restaurées, de l’histoire du cinéma.
Pour sa onzième édition, le festival Play it Again déroule une formule désormais bien rôdée, faite d’un savant mélange de films populaires et de (re)découvertes plus pointues, destinées à tous les publics et toujours présentés dans des copies restaurées. On pourra ainsi rire devant Trois hommes et un couffin de Coline Serreau, frissonner devant Se7en de David Fincher ou Harry, un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll, admirer la grande beauté plastique de 2046 de Wong Kar-wai ou encore voyager avec Le Peuple migrateur de Jacques Perrin, Jacques Cluzaud et Miche Debats.
Les cinéphiles les plus explorateurs découvriront que vingt-sept ans avant son génial Bonjour, Yasujirô Ozu filmait déjà merveilleusement à hauteur d’enfant dans Gosses de Tokyo. Ils se rendront également compte avec Chantage que chaque film d’Alfred Hitchcock recèle son lot de trouvailles formelles, ici des jeux sur le cadre et bien évidemment sur le son, puisque ce thriller marquait l’arrivée du grand cinéaste dans le parlant. Avec le mordant Boucher de Claude Chabrol et l’implacable La Noire de… d’Ousmane Sembène, c’est la société française de la fin des années 1960 qui est passée sur le grill à travers deux regards extrêmement précis tout en étant très stylisées. À ce titre, revoir, après des années d’invisibilité ou de versions dégradées, ces deux œuvres dans leurs couleurs ou noir & blanc d’origine constitue aussi un choc esthétique salutaire.
Au-delà du plaisir de la découverte, la grande vertu d’un festival est de pouvoir voyager à travers et entre les films et à ce titre, cette édition nous offre trois regards passionnants, et très différents, de cinéastes européens sur les États-Unis. Celui du Britannique Charles Chaplin, d’abord, qui reconstitue intégralement en studio un Klondike sauvage et burlesque pour sa Ruée vers l’or, toujours aussi inventive et poétique, cent ans après sa conception. Celui de l’Allemand Wim Wenders, et du génial chef-opérateur néerlandais Robby Müller, qui, pour raconter l’histoire des plus intimes de Paris, Texas, capturent dans un somptueux flots de couleurs les ciels et les paysages désertiques du Texas et de l’Ouest américain. Celui, enfin, de l’Italien Sergio Leone, qui, après avoir reconstitué trois fois les États-Unis en Espagne dans une célèbre trilogie, plante, pour Il était une fois dans l’Ouest, ses caméras en plein Monument Valley afin de raconter à son inimitable façon la construction des Etats-Unis modernes.
Et, cela paraît peut-être une lapalissade, mais en ces temps de désaffection des salles obscures, il faut dire que découvrir ou redécouvrir ces chefs-d’œuvre ou grands films populaires, au cinéma, avec du public, reste un plaisir incomparable.
Et, cela paraît peut-être une lapalissade, mais en ces temps de désaffection des salles obscures, il faut dire que découvrir ou redécouvrir ces chefs-d’œuvre ou grands films populaires, au cinéma, avec du public, reste un plaisir incomparable.
François-Xavier Taboni
