

Retour sur la 51e cérémonie des César.
Quelle réussite que cette 51e édition des César ! Le virtuose maître de cérémonie, Benjamin Lavernhe, déploya une énergie phénoménale et ses multiples talents de comédien, danseur, guitariste et chanteur. Il sut faire de cette soirée un moment chaleureux, où, sous des airs de fête, la vulnérabilité de chacune et chacun, du cinéma, de la culture et de notre société tout entière s’est fait entendre.
De beaux discours furent tenus par Camille Cottin, présidente de la cérémonie, qui passa habilement de la parodie de bon aloi, dénonçant les dérives politiques à l’œuvre, à la déclaration d’admiration sensible sous le regard attendri de Jim Carrey, César d’honneur ; par Carine Tardieu (César de la meilleure adaptation et du meilleur film pour L’Attachement), qui lut une lettre émouvante adressée à sa fille et à toutes et tous par ricochet ; Golshifteh Farahani, meurtrie devant les horreurs commises en Iran, mais imposante et digne ; ou Vimala Pons (meilleure actrice dans un second rôle pour L’Attachement), bouleversante en équilibriste avançant sur un fil entre joie et mélancolie. Karim Leklou eut un mot délicat pour les bénévoles investis dans les festivals ; Franck Dubosc (César du meilleur scénario pour Un ours dans le Jura) nous a fait rire aux éclats en citant « Abel Gance, Julien Duvivier et Philippe Lachau, qui font notre cinéma français » ; Alexandra Lamy et Pierre Lottin formèrent un duo énergique et drôlissime ; et Alison Wheeler sut dégoupiller ses grenades avec une vis comica délectable. Léa Drucker (César de la meilleure actrice pour Dossier 137) nous a beaucoup touchés par l’élégance et la pertinence de son discours, dont ces mots composèrent la parfaite coda : « Je réalise plus que jamais que le cinéma et les films nous offrent une respiration nécessaire, un temps pour vivre l’expérience de l’intérieur, pour adopter le point de vue de l’autre, où la complexité peut exister, et où les nuances et les paradoxes nourrissent notre intelligence humaine et collective. »
Le palmarès complet par catégorie :
Meilleur film : L’Attachement produit par Fabrice Goldstein et Antoine Rein, réalisé par Carine Tardieu
Meilleure actrice : Léa Drucker dans Dossier 137
Meilleur acteur : Laurent Lafitte dans La Femme la plus riche du monde
Meilleure actrice dans un second rôle : Vimala Pons dans L’Attachement
Meilleur acteur dans un second rôle : Pierre Lottin dans L’Étranger
Meilleur espoir féminin : Nadia Melliti dans La Petite Dernière
Meilleur espoir masculin : Théodore Pellerin dans Nino
Meilleure réalisation : Richard Linklater pour Nouvelle Vague
Meilleur premier film : Nino réalisé par Pauline Loquès, produit par Sandra da Fonseca
Meilleur scénario original : Franck Dubosc et Sarah Kaminsky pour Un ours dans le Jura
Meilleure adaptation : Carine Tardieu, Raphaële Moussafir, Agnès Feuvre pour L’Attachement
Meilleur film d’animation : Arco réalisé par Ugo Bienvenu, produit par Félix de Givry, Ugo Bienvenu, Sophie Mas, Natalie Portman
Meilleur film documentaire : Le Chant des forêts réalisé par Vincent Munier, produit par Pierre-Emmanuel Fleurantin, Laurent Baujard, Vincent Munier
Meilleur film étranger : Une bataille après l’autre réalisé par Paul Thomas Anderson
Meilleure musique originale : Arnaud Toulou pour Arco
Meilleur son : Romain Cadilhac, Marc Namblard, Olivier Touche, Olivier Goinard pour Le Chant des forêts
Meilleure photographie : David Chambille pour Nouvelle Vague
Meilleur montage : Catherine Schwartz pour Nouvelle Vague
Meilleurs costumes : Pascaline Chavanne pour Nouvelle Vague
Meilleurs décors : Catherine Cosme pour L’Inconnu de la Grande Arche
Meilleurs effets visuels : Lise Fischer pour L’Inconnu de la Grande Arche
Meilleur film de court-métrage d’animation : Fille de l’eau réalisé par Sandra Desmazières, produit par Jérôme Barthélemy, Daniel Sauvage, Olivier Catherin
Meilleur film de court-métrage documentaire : Au bain des dames réalisé par Margaux Fournier, produit par Laureen Bolton, Audrey Smadja Iritz
Meilleur film de court-métrage de fiction : Mort d’un acteur réalisé par Ambroise Rateau, produit par Lucas Tothe, Jessica Arfuso
