

Une troupe de prestige, une représentation imminente, des imprévus en cascade : De la Comédie-Française, premier long-métrage de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, emballe par son humour irrésistible, ses interprètes virtuoses et sa vitalité contagieuse.
Le buste de Molière encadré de deux drapeaux français surplombe les mots « Comédie-Française » lisibles
Nous voici autorisés à entrer dans les coulisses du vénéré théâtre de manière incongrue, grâce à un jeu de montage drôlissime et une actrice à la vis comica absolue : Pauline Clément, complice des réalisateurs, qui l’ont dirigée dans les programmes courts Broute et Moitié.e.s po
Menée tambour battant avec une fluidité grisante, cette comédie récompensée par quatre prix au dernier Festival de l’Alpe d’Huez, est un régal. On se délecte de ses dialogues ciselés, de ses trouvailles – de l’écriture des personnages (comme celui d’Adeline d’Hermy qui, ne saisissant rien à Macbeth, amuse et émeut à la fois) au jeu sur les détails (la scène où l’ouvreur, joué par Sefa Yeboah, tente de lui expliquer l’intrigue à grand renfort de sushis est formidable) -, et de ses actrices et acteurs qui s’en donnent à cœur joie. Émergent de ce film un élan vital communicatif, un amour du spectacle, de celles et de ceux qui en forment le cœur battant, et une foi dans le collectif capable de remuer des montagnes face aux contingences du réel. De la Comédie-Française est LA comédie de l’été, dont on ressort enchanté !
Anne-Claire Cieutat
