L'interview minutée de Zaven Najjar

Allah n’est pas obligé

Insolent, chapardeur, Birahima grandit dans un village à la frontière entre Guinée et Côte d’Ivoire où, si tout n’est pas rose, joie et espoir ont néanmoins leur place. Lorsque sa mère meurt, le garçon doit rejoindre sa tante installée au Liberia voisin ; pour faire le voyage, il est pris en charge par le flamboyant féticheur Yacouba. Ensemble, ils cheminent dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest gangrenée, en ces années 90, par des conflits meurtriers. Leur route croise celle d’enfants soldats…

Au micro de l’ITW minutée, Zaven Najjar, réalisateur de Allah n’est pas obligé, contourne avec tact une affirmation erronée (ce que la fatigue peut faire dire à l’intervieweuse trop hardie…) et remet à sa juste place la partie didactique de son récit, adapté du roman d’Ahmadou Kourouma. Comme le livre, le film, s’ancre sur une solide base documentaire et déploie effectivement des jalons historiques. Mais le vécu des personnages est si fortement incarné qu’il prime !

Le système minuté

Il s’agit de laisser jouer le hasard. J’ai arbitrairement décidé de noter ce qui se passe aux 7’, 42’, 70’ et 91’ minutes des films et de soumettre ces moments aux réalisateurs et acteurs venus en faire la promotion. L’idée est d’être vraiment très précise dans ces descriptions afin que mon interlocuteur puisse réagir au maximum d’éléments, selon ce qui lui importe le plus (le son, les cadrages, les couleurs, etc.). Le choix des mots a son importance également et il arrive que je me fasse reprendre, c’est très bien comme ça. Chacun s’approprie l’exercice comme il l’entend, mais au final on arrive presque toujours à parler du film de manière concrète, en contournant légèrement le train-train promotionnel. On pourrait dire que le résultat est à mi-chemin entre la bande-annonce et le commentaire audio, tel qu’on en trouve sur les suppléments DVD. Par ailleurs, ces entretiens sont « neutres » : que j’aie aimé ou non les films n’entre pas en ligne de compte, il s’agit avant tout de parler cinéma, sans a priori.