C’est quoi l’amour ?

Lions un peu

C’est quoi l’amour ? Vaste sujet. Après une chronique et un mélodrame, Fabien Gorgeart signe une comédie pleine de charme sur les liens dans tous leurs états.

Fabien Gorgeart ne cesse d’observer les liens qui nous unissent : la façon dont ils se fabriquent entre une femme en apparence désinvolte et le bébé qu’elle porte pour un couple d’amis (Diane a les épaules), l’évidence avec laquelle ils se tissent pour ne jamais se rompre entre un enfant et sa mère d’accueil (La Vraie Famille).

Dans son troisième long-métrage, il observe un ancien couple obligé de couper les liens du mariage religieux. Soit Fred (Vincent Macaigne), amoureux de l’ultra-catholique Chloé (Mélanie Thierry), et désireux, à sa demande, de l’épouser à l’Église. Or, jadis, Fred convola déjà devant Dieu avec Marguerite (Laure Calamy), et bien que divorcé à la mairie, il est toujours lié à elle devant l’Église. Ils ont une fille, Léa (Céleste Brunnquell), qui les a à peine connus ensemble, puisqu’ils se séparèrent quand elle avait deux ans. Depuis des années, Marguerite a refait sa vie avec Sofiane (Lyes Salem) et avec lui refait une fille, Raphaëlle (Saül Benchetrit). Tout devrait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, et cette rupture n’être qu’une formalité. Mais les choses se compliquent et il faut aller, pour résoudre le problème, jusqu’au Vatican !

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Ce scénario diablement malin embarque tout son petit monde à Rome, façon colonie de vacances improbable : anciens époux et nouveaux, enfants et leurs conjoints. L’amour sous toutes ses formes émerge de ce maelström de situations et d’émotions : est-ce qu’on ne s’aime plus quand on s’est aimé fort et qu’on aime quelqu’un d’autre ? Qu’est-ce qu’un beau-père et une future belle-mère dans la vie d’une jeune femme qui adore ses parents ? Un premier amour de lycéenne résiste-t-il aux nouvelles rencontres ?

Deux générations et de multiples façons de voir son cœur chavirer : voilà l’équation ici exposée sur un rythme effréné. C’est drôle et tendre, intelligent et fin, mélancolique parfois. Il faut dire que le casting est d’une homogénéité parfaite : l’alliance du feu incandescent de Laure Calamy, de la lenteur pataude de Vincent Macaigne et de la grâce singulière de Mélanie Thierry font merveille.

 

Isabelle Danel