

Triple actualité cannoise pour Raya Martigny en 2026. Une cuvée riche après son passage par la Semaine de la Critique avec le court-métrage Dustin de Naïla Guiguet en 2020, et le premier long Les Reines du drame d’Alexis Langlois en 2024, où elle offrait sa longue silhouette à la fêtarde Raya dans le premier, et à l’animatrice de télé-crochet Séverine dans le second. Des films de bande, des films queers, à l’énergie survitaminée, et parfois fatiguée quand les petits matins arrivent. Alexis Langlois en a fait l’une de ses muses dès ses opus courts volubiles et décapants À ton âge les chagrins c’est vite passé (2016), De la terreur, mes sœurs (2019) et Les Démons de Dorothy (2021). La mannequin et actrice est devenue en quelques années une icône des défilés, des créateurs et des photographes. Militante trans à la parole fluide et libre, elle électrise la Croisette cette année. Dans le premier long Les Matins merveilleux, elle retrouve la réalisatrice Avril Besson et sa partenaire India Hair, après le court Queen Size (2025), où toutes deux formaient déjà le duo Charlie-Marina. Raya Martigny apporte sa douceur nonchalante et son ironie pétillante à la seconde, serveuse d’une pizzeria de village sur la Côte d’Azur. Généreux et bienveillant, son personnage a dépassé une « vie d’avant » et s’ouvre aux vents d’une histoire d’amour imprévue. Dans Garance de Jeanne Herry, elle rejoint un groupe de potes, dont elle incarne l’une des figures de sortie et de fête, second rôle discret, mais remarqué face à la protagoniste alcoolique, campée par Adèle Exarchopoulos. Pour couronner le tout, elle est l’une des membres du jury de la Queer Palm, qui aura la tâche de récompenser un court-métrage et un long-métrage queers parmi les œuvres présentes à Cannes. Sauf Les Matins merveilleux, il y aurait conflit d’intérêt !
Par Olivier Pélisson.
