L'interview minutée de Frédéric Hambalek

La Gifle

Ça commence par une gifle, au ralenti et en plan serré sur le visage de la jeune Marielle (Laeni Geiseler). Au même moment, une femme, Julia (Julia Jentsch), flirte avec un collègue de bureau, tandis qu’un homme, Tobias (Felix Kramer), est humilié par un de ses collaborateurs. Ces trois-là forment une jolie petite famille dont l’unité va être mise à mal… Car suite au coup, la fillette voit et entend tout ce que font ses parents !

Cette position omnisciente de l’enfant rythme et chapitre La Gifle par des apartés visuels, préludes aux évolutions toujours parallèles des parents. Partant de son postulat fantastique, le film se déploie avec humour entre étrangeté stylisée et quotidien qui déraille.

Au micro de l’interview minutée, le réalisateur Frédéric Hambalek (traduit de l’allemand par Myriam Rennert) revient sur ce jeu de construction ; il s’attarde aussi, hasard du minutage, sur la scène de sexe la plus embarrassante de tous les temps.

Le système minuté

Il s’agit de laisser jouer le hasard. J’ai arbitrairement décidé de noter ce qui se passe aux 7’, 42’, 70’ et 91’ minutes des films et de soumettre ces moments aux réalisateurs et acteurs venus en faire la promotion. L’idée est d’être vraiment très précise dans ces descriptions afin que mon interlocuteur puisse réagir au maximum d’éléments, selon ce qui lui importe le plus (le son, les cadrages, les couleurs, etc.). Le choix des mots a son importance également et il arrive que je me fasse reprendre, c’est très bien comme ça. Chacun s’approprie l’exercice comme il l’entend, mais au final on arrive presque toujours à parler du film de manière concrète, en contournant légèrement le train-train promotionnel. On pourrait dire que le résultat est à mi-chemin entre la bande-annonce et le commentaire audio, tel qu’on en trouve sur les suppléments DVD. Par ailleurs, ces entretiens sont « neutres » : que j’aie aimé ou non les films n’entre pas en ligne de compte, il s’agit avant tout de parler cinéma, sans a priori.