Duel à Monte-Carlo del Norte de Bill Plympton

Hollywood à la sauce Plympton

Bill Plympton poursuit son exploration déjantée des genres cinématographiques dans un western musical, cinéphile et fantastique, inclassable et délirant.

Depuis près de quarante ans et son court-métrage Your Face, nommé aux Oscars, le style visuel de Bill Plympton imprime à intervalles réguliers les petits et grands écrans. Produits dans une farouche indépendance, ses courts-métrages, diffusés dans de nombreux festivals, ainsi que ses animations pour la chaîne MTV, ont peu à peu popularisé son crayonné unique et ses idées stupéfiantes. Son inspiration s’est également développée sous forme de longs-métrages, où les idées de scénario saugrenues voisinent avec une imagination totalement débridée.

Duel à Monte-Carlo del Norte, concocté avec son complice Jim Lujan (déjà cosignataire de La Vengeresse), est une sorte de western historico-cinématographique qui remplit le cahier des charges du réalisateur américain. On y croise pêle-mêle un cow-boy guitariste, une entraîneuse de saloon, des stars capricieuses, un producteur prêt à tout, des édiles corrompus et… un insecte géant venu des enfers, dans une histoire qui fleure bon l’âge d’or de Hollywood, passé à la moulinette de Plympton.

Si chaque séquence pourrait à elle seule donner lieu à un court-métrage, une véritable unité parcourt ce film musical et chanté, souvent inclassable, où le cinéaste continue à appliquer le style de ses débuts. Soit une animation dynamique et un crayonné brut et vibrant, donnant vie et caractère à ses personnages, à la fois archétypes de récits classiques, mais observés au prisme déformant et délirant du réalisateur de L’Impitoyable Lune de miel.