Il doit y avoir une vie ailleurs. Forts de cette certitude, des hommes et des femmes traversent des frontières, bravent la barbarie, oublient l’humiliation, la douleur et la faim. Documentariste, Boris Lojkine a longuement travaillé son sujet avant d’en tirer son premier long-métrage de fiction. Et la réalité a parfois une imagination terrible. Hope est le prénom de l’héroïne, Nigériane qui espère rallier l’Espagne. Mais en Algérie, elle est sortie du camion, violée et laissée sur place. Parce qu’elle est femme et Nigériane. Leonard, un Camerounais qui ne la connaît pourtant pas, ne peut se résoudre à l’abandonner et reste avec elle. Leur périple ne fait que commencer. Dans les diverses communautés, ils seront en butte aux jeux de pouvoir pervers, racistes et inhumains, instaurés par la loi de l’offre et de la demande. Eux aussi entreront dans ces jeux. La force sidérante du récit, la beauté de l’image (signée de la directrice de la photo Elin Kirschfink), la présence charismatique de Justin Wang et Endurance Newton font de ce film une plongée dans le vif de ce qu’est un parcours de migrant aujourd’hui. Âpre et violent sans être complaisant, Hope approche une vérité que le cinéma laisse souvent à la télévision et au reportage.