L'interview minutée de Stéphanie Di Giusto, Nadia Tereszkiewicz et Benoît Magimel

Rosalie

La France rurale et industrieuse de la fin du XIXe siècle, cinq ans après la guerre et ses profondes blessures… Par un matin ensoleillé, Rosalie (Nadia Tereszkiewicz), parée de ses plus beaux atours, est emmenée par son père (Gustave Kervern) vers le mari qu’il lui a trouvé. Contre une dot essentielle pour sauver son café, Abel (Benoît Magimel) a accepté ce mariage de raison, et, de prime abord, il est agréablement surpris de découvrir la beauté et la fraicheur de son épouse. Mais la nuit de noce le fait violemment déchanter : Rosalie est couverte de poils…

Jouant joyeusement le jeu de l’interview minutée, Stéphanie Di Giusto, Nadia Tereszkiewicz et Benoît Magimel racontent l’envers de plusieurs scènes, notamment les secrets de la 91’ minute du film. Il est aussi question d’un figurant très problématique, de la puissance de jeu de Benoît Magimel, et de tous les a priori qu’entend déconstruire la réalisatrice de Rosalie.

Le système minuté

Il s’agit de laisser jouer le hasard. J’ai arbitrairement décidé de noter ce qui se passe aux 7’, 42’, 70’ et 91’ minutes des films et de soumettre ces moments aux réalisateurs et acteurs venus en faire la promotion. L’idée est d’être vraiment très précise dans ces descriptions afin que mon interlocuteur puisse réagir au maximum d’éléments, selon ce qui lui importe le plus (le son, les cadrages, les couleurs, etc.). Le choix des mots a son importance également et il arrive que je me fasse reprendre, c’est très bien comme ça. Chacun s’approprie l’exercice comme il l’entend, mais au final on arrive presque toujours à parler du film de manière concrète, en contournant légèrement le train-train promotionnel. On pourrait dire que le résultat est à mi-chemin entre la bande-annonce et le commentaire audio, tel qu’on en trouve sur les suppléments DVD. Par ailleurs, ces entretiens sont « neutres » : que j’aie aimé ou non les films n’entre pas en ligne de compte, il s’agit avant tout de parler cinéma, sans a priori.