Michael et ses amis policiers font régner l’ordre bien à leur façon dans les quartiers les plus difficiles de Londres. Tout est bon pour parvenir à leurs fins : la violence injustifiée et la corruption font partie de leur quotidien. Une enquête de la police des polices et l’arrivée de gangsters albanais sans pitié va compliquer leurs affaires. Ce scénario apocalyptique ne donne qu’une petite idée de la tension qui règne au sein de Hyena, le deuxième film de Gerard Johnson. Après les méfaits du tueur en série Tony (le film éponyme, glaçant, est sorti directement en DVD dans nos contrées), le réalisateur suit de très près un policier totalement en marge, incarné par Peter Ferdinando. Cousin et acteur fétiche du réalisateur, Ferdinando est tout simplement stupéfiant : famélique et renfermé dans Tony, il s’est totalement transformé ici et donne une puissance et une incroyable épaisseur physique au personnage de Michael. Il fallait cette humanité et cette force d’incarnation pour suivre jusqu’au bout les errements de ce personnage pour le moins contestable dans le voyage au bout de la nuit brillamment orchestré par Johnson. Si la violence morale et physique de ce polar risque de laisser certains spectateurs sur le bord du chemin, le film confirme l’osmose entre un réalisateur et un comédien dont on attend avec impatience les prochains exploits.