Cannes, 14 mai

Joyeux non-anniversaire ;)

Avant tout il faut que je vous raconte un truc… Le festival et moi, c’est une longue histoire : je suis née le jour de son ouverture, en 1982 (pas de commentaires sur mon âge, merci), et depuis presque 10 ans que j’ai le plaisir d’être parmi les accrédités (oui, bon, on est juste 40 000 badgés…), j’y fête mon anniversaire.
Autant dire que ce samedi 14 mai 2016 avait la pression. Mais il s’en est plutôt bien sorti.
Ce qui est étrange à Cannes c’est qu’un film chasse l’autre. Avec une moyenne de 4 ou 5 films à voir par jour, le journaliste en oublie vite, s’ils ne sont pas bons. Cruel, mais naturel. Autant dire que ceux qui laissent une impression durable sont très recherchés. Mademoiselle est de ceux là. Le film de Park Chan-Wook est d’une beauté plastique vénéneuse et conte une histoire finalement assez tordue. Ressorts dramatiques efficaces, jeu des acteurs au diapason, mise en scène inspirée, Mademoiselle est remarquable, et s’est fait remarquer à juste titre.
Du coup, on ne regrette même pas de s’être levés à l’aube un samedi matin (si, une projo à 8h30 c’est l’aube).
Alors certes, les messages de bon anniversaire s’accumulent sur le téléphone, et voir un thriller exotique japonais à des conséquences sur les collègues qui étaient dans la salle. La preuve avec ce message, reçu juste après : (je ne balance pas le nom du collègue, il se reconnaîtra).

un twitt d'anniversaire boules de geisha

Voila Voila…
Ceci dit, à Cannes, un film chasse l’autre donc, et la sensation du jour, ce fut le BFG de Steven Spielberg. Un vieil habitué, pensez donc, en 1982 il présentait un certain E.T en séance spéciale ici-même.
Foire d’empoigne à l’extérieur de la séance presse et à l’intérieur, foule pour la montée des marches : Cannes était là pour Steven ce samedi 14 (et il abuse un peu quand même, c’était MON anniversaire).
Pour autant, son BFG, adapté de Roald Dahl, est un rien – sinon beaucoup – décevant. Sans envol, sans enjeu dramatique, on s’ennuie un peu, jusqu’à ce qu’arrive la Reine. God Save the Queen, the Queen saves the film…
Mais peut-être, après tout, qu’on a un peu passé l’âge… Ce BFG a fait beaucoup rire les enfants de la salle !

Au moment où les festivaliers « officiels » découvraient le fabuleux Toni Erdmann… Nous, on était juste derrière le Palais. Sur le bateau Arte. Histoire de présenter au monde le dernier né des Éditions du Bout des Doigts, la série Jours de Tournage et son premier épisode ; une expérience en 360 sur le tournage de Ma Loute, le film de Bruno Dumont en compétition, en présence du monsieur, même.
Et pour le coup, ce n’est pas le champagne qui a fait tanguer les festivaliers, plutôt une expérience renversante, casque sur les yeux (oui, on a l’air idiot, à regarder dans tous les sens avec un casque sur le nez, mais vraiment c’est bien !).
Une expérience que vous pouvez même tenter, sur le site ! La classe, non?

 

360VR jour de tournage sur le bateau d'Arte croisette cannes 2016
Photographie : Fadette Drouard

 

Deux petites (grosses) fêtes plus tard, pour le très acclamé Grave de Julia Ducournau et pour le classieux Harmonium et hop, me voilà à vous écrire. C’est pas gentil, ça ?!
(oui, certes, en réalité, c’est plutôt beaucoup de champagne plus tard, une très très courte nuit et un lever difficile pour aller voir The Nice Guys ce dimanche à 9h… Autant vous dire que c’est là la vraie raison pour laquelle tous les festivaliers ont des lunettes noires dès le lever).