L'interview minutée de Mounia Meddour et Zahra Doumandji

Papicha

« Finalement le tissu devient un élément fédérateur, entre toutes les filles, pour organiser un événement particulier. Et c’est vrai que ce tissu c’est aussi le tissu social ; c’est aussi comment garder la tradition et avancer avec. Et puis il y a une raison économique : à cette époque-là, les jeunes filles avaient très peu d’argent. Pour Nedjma c’était quelque chose qui était à sa portée, parce que c’est une étoffe qui est plutôt bon marché et que toutes les mamans ont dans leur armoire. Et donc elle recycle ce tissu symbolique et elle en fait quelque chose de nouveau. »

Le système minuté

Il s’agit de laisser jouer le hasard. J’ai arbitrairement décidé de noter ce qui se passe aux 7’, 42’, 70’ et 91’ minutes des films et de soumettre ces moments aux réalisateurs et acteurs venus en faire la promotion. L’idée est d’être vraiment très précise dans ces descriptions afin que mon interlocuteur puisse réagir au maximum d’éléments, selon ce qui lui importe le plus (le son, les cadrages, les couleurs, etc.). Le choix des mots a son importance également et il arrive que je me fasse reprendre, c’est très bien comme ça. Chacun s’approprie l’exercice comme il l’entend, mais au final on arrive presque toujours à parler du film de manière concrète, en contournant légèrement le train-train promotionnel. On pourrait dire que le résultat est à mi-chemin entre la bande-annonce et le commentaire audio, tel qu’on en trouve sur les suppléments DVD. Par ailleurs, ces entretiens sont « neutres » : que j’ai aimé ou non les films n’entre pas en ligne de compte, il s’agit avant tout de parler cinéma, sans a priori.