J'aimerais qu'il reste quelque chose

Le choix de la mémoire

Synopsis : Chaque semaine, une équipe de bénévoles du Mémorial de la Shoah à Paris  recueille des témoignages et collecte les archives personnelles des  déportés et de leurs familles. J’AIMERAIS QU’IL RESTE QUELQUE CHOSE va à va rencontre de ceux qui racontent et donnent ainsi que de ceux qui  écoutent et reçoivent pour sauvegarder et transmettre le souvenir des  victimes de la Shoah.  Au fil des entretiens, au détour d’une histoire,  s’affirme l’indélébile présence des absents.

L’avis d’Anne-Claire Cieutat :

D’apparence modeste, ce documentaire intelligent et sensible fait la part belle à la parole libre, au regard attentif et à l’écoute absolue. Ce qui s’y joue relève du devoir de mémoire, bien sûr, mais l’humilité et la sophistication combinées des cadres, comme le relief accordé à la prise de son (signée essentiellement Philippe Richard, mais aussi Nicolas Cantin, Geoffrey Terreau et Xavier Piroelle), font de ces témoignages de vrais moments de vie et de cinéma, où l’infiniment petit (l’anecdote) et l’infiniment grand (la « Grande Histoire ») se font la courte échelle. Une exemple de séquence marquante ? Celle où les étoiles juives sont rangées méticuleusement dans un classeur : la qualité du son est telle que lorsque la femme tournent les pages en plastique qui contiennent ces reliques chargées de symboles et d’effroi, la scène est à peine supportable. Dans ce film, le vertige métaphysique côtoie l’émotion, les larmes retenues, le plus souvent, mais aussi le rire suscité furtivement par un personnage haut en couleurs (« Il y a beaucoup de familles qui nous donnent les originaux », dit une bénévole ayant recueilli le témoignage de ce monsieur dont le sens de la répartie apporte une touche de fraîcheur au film. Sa réponse ? « Ça dépend quelle famille » !). Voici un film qui, lui aussi, a atteint son noble but : laisser une trace. Une trace nécessaire et, espérons-le, durable.