Les ricochets : Nakache, frère et sœur

Lettre à Leïla Bekhti (part 1)

Hasard ou coïncidence, le film de Géraldine Nakache, J’irai où tu iras et celui du tandem Nakache-Tolédano, Hors normes sortent à trois semaines d’intervalle. Petit pont jeté entre ces deux rives où l’intelligence du cœur n’a d’égale que celle de l’esprit.

Westerns truffaldiens

 

Le temps file à vive allure. La signataire de ces lignes, actuellement très affairée à trouver un modèle économique pour BANDE-A-PART.FR, a adressé une lettre à Leïla Bekhti par mail il y a quelques jours. Pourquoi ? Parce que c’est elle ; parce que c’est moi, comme disait Michel de Montaigne en évoquant son cher ami Étienne de La Boétie. Dans cette lettre, il est question de J’irai où tu iras et de Hors normes, film humaniste et nécessaire qui a su saisir l’air du temps, en jouant entre le réel et la fiction pour dire une chose chère au cœur de François Truffaut : le cinéma et la vie ne font qu’un. Ce à quoi nous ajouterons : la vie vaut mieux que le 7e Art, mais elle a foncièrement besoin de lui. Explications.

Chère Leïla,

 

Je me permets de t’écrire, car je cherche à joindre ta presque-soeur Géraldine Nakache, or je ne retrouve pas son adresse email dans mes fichiers. Aurais-tu la gentillesse de lui faire suivre cette lettre, s’il te plaît ?

Figure-toi que je pense encore beaucoup à son film, J’irai où tu iras. Mon article à son sujet est disponible sur BANDE-À-PART.FR, mais j’ai le sentiment qu’il est incomplet – ou trop théorique, je ne sais. D’où l’idée de publier ce mail. Tu le sais, j’aime les formes d’écriture hybrides. BANDE À PART, dans sa version appli autrefois, reposait tout entier sur cette idée d’innovation, de fantaisie, de poésie appliquée à l’exercice journalistique associé au cinéma pour faire partager au public autre chose qu’une mascarade promotionnelle à la sortie d’un film. Et BANDE-À-PART.FR en manque un peu en ce moment, de créativité – faute de temps et de financement (c’était différent quand on était un mensuel sur appli, les outils de digital publishing permettaient d’être plus créatifs et nous inspiraient beaucoup, mais ça, c’est du passé. Place au présent. Yeah !).

Le charme du web, s’il en est, et celui d’être aux commandes de BANDE-À-PART.FR (magazine en ligne libre, gratuit et indépendant), c’est qu’on peut retoucher sa copie autant qu’on le veut – et qu’il nous est possible d’imaginer des concepts de sujets à l’envi ! Je chéris cette idée qu’à tout moment, il nous est possible d’affiner, de corriger, même quand c’est déjà en ligne. Rien n’est gravé dans le marbre sur le net (ça, c’est cool !), à la différence du papier (indispensable, lui aussi). Et il n’est pas exclu que je cherche à améliorer encore le tissage de mes mots sur ce film généreux et sensible, afin de coller au plus juste de mes émotions et de ma pensée labyrinthique (te souviens-tu du labyrinthe dans The Shining de Stanley Kubrick (1980) ? Ça peut te donner une idée du bazar de l’Hôtel de Ville qu’est ma caboche actuellement… Va falloir faire du tri en allant marcher dans la nature ou piquer une tête à la piscine fissa !). 

Bref, je cherche à joindre Géraldine Nakache, disais-je avant cette digression, car je souhaiterais la revoir, en présence de son frère, Olivier Nakache, pour un entretien croisé à publier sur BANDE À PART.FR. Aucune urgence, mais ce serait bien que cette partie de billard à plusieurs bandes (à laquelle tu es conviée, bien entendu) puisse être publiée tant que leurs films respectifs sont encore à l’affiche.

Pourquoi cette rencontre en mode regards croisés ? Parce que je pense que J’irai où tu iras de Géraldine Nakache et Hors normes de Olivier Nakache et son précieux comparse Éric Toledano tricotent en sous main la même matière. 

Je t’expliquerai demain pourquoi. Rendez-vous même lieu, même heure.

Schmutz (ça veut dire bisou en alsacien) et belle journée, sweetie.

 

Anne-Claire